{"id":387,"date":"2019-01-03T17:45:36","date_gmt":"2019-01-03T16:45:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mikatani.com\/blog\/?p=387"},"modified":"2019-01-03T17:45:54","modified_gmt":"2019-01-03T16:45:54","slug":"cinema-japonais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/cinema-japonais","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma Japonais"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019histoire du cin\u00e9ma japonais commence au d\u00e9but du si\u00e8cle, dans les ann\u00e9es 1900 \u2013 1910, et d\u00e9bute avec le tournage discret de films documentaires et de classiques de pi\u00e8ces de th\u00e9atre Kabuki, g\u00e9n\u00e9ralement quelques sc\u00e8nes c\u00e9l\u00e8bres, les pi\u00e8ces \u00e9tant trop longues (au moins 4h).<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/les-7-samourais-1.jpg\"><img class=\"aligncenter size-large wp-image-389\" src=\"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/les-7-samourais-1-700x398.jpg\" alt=\"cin\u00e9ma japonais les 7 samourais\" \/><\/a><br \/>\nPuis, un peu plus tard, vient l\u2019\u00e9poque des benshi (ou \u00ab homme parlant \u00bb), qui lisent et commentent les intertitres des films muets avec force et improvisation. Les images restant en arri\u00e8re plan, ces commentaires sont pour le public la principale attraction d\u2019un film et certains de ces commentaires \u00e9taient interpr\u00e9t\u00e9s avec tellement d\u2019enthousiasme et de brio, que certains s\u2019accordent \u00e0 dire qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 du premier \u00e2ge d\u2019or du cin\u00e9ma nippon.<\/p>\n<p>Les premiers films d\u2019auteurs font leur apparition au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920 avec par exemple des r\u00e9alisateurs tels que MIZOGUCHI Kenji qui r\u00e9alisa son premier film, Le jour o\u00f9 l\u2019amour revit (Ai ni yomigaeru hi) en 1922.<\/p>\n<p>Il faudra cependant attendre les ann\u00e9es 50 pour enfin voir l\u2019apparition d\u2019un v\u00e9ritable art cin\u00e9matographique japonais.<\/p>\n<h2>Le cin\u00e9ma japonais dans les ann\u00e9es 50<\/h2>\n<p>C\u2019est le deuxi\u00e8me \u00e2ge d\u2019or (ou l\u2019unique pour d\u2019autres). C\u2019est \u00e0 cette p\u00e9riode que les grands studios sont les plus productifs. A cette \u00e9poque, seules six grands studios (Daiei, Nikkatsu, Shintoho, Shochiku, Toei et Toho) se partagent toute la production nippone. Tournant chacun environ 2 films par semaine, ils produisent un total de plus de 600 films par an. Bien s\u00fbr, la qualit\u00e9 de ceux-ci est in\u00e9gale et quelques chefs d\u2019oeuvre c\u00f4toient des films dont l\u2019int\u00e9r\u00eat est, dirons nous, limit\u00e9.<\/p>\n<p>Pourtant, cette abondance de productions n\u2019a pas que des d\u00e9savantages. En effet, elle fournira l\u2019occasion \u00e0 quelques cin\u00e9astes de faire leurs premi\u00e8res armes et de se forger une renomm\u00e9e internationale.<\/p>\n<p>Parmi eux KUROSAWA Akira qui, avec son incroyable et d\u00e9sormais classique film Rash\u00f4mon (\u7f85\u751f\u9580, 1950), d\u00e9croche le Lion d\u2019or du festival de Venise en 1951. Le cin\u00e9ma japonais est d\u00e8s lors propuls\u00e9 sur le devant de la sc\u00e8ne internationale. Il r\u00e9alisera plus tard un autre film que la critique consid\u00e8re comme son chef d\u2019oeuvre, Les sept samoura\u00efs (\u4e03\u4eba\u306e\u4f8d, Shichinin no samurai, 1954). Ce film obtient le lion d\u2019argent \u00e0 Venise en 1954 et contribua grandement \u00e0 la renomm\u00e9e de KUROSAWA (plus m\u00eame que Rash\u00f4mon). Un remake am\u00e9ricain verra d\u2019ailleurs le jour en 1960, Les sept mercenaires.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/les-7-samourais.jpg\"><img class=\"aligncenter wp-image-388 size-large\" src=\"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/les-7-samourais-700x992.jpg\" alt=\"film japonais les 7 samourais\" width=\"700\" height=\"992\" \/><\/a><\/p>\n<p>A partir de l\u00e0 d\u00e9bute une v\u00e9ritable envol\u00e9e des cin\u00e9astes japonais dont les oeuvres sont montr\u00e9es et appr\u00e9ci\u00e9es aux quatre coins du monde. La critique fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9poque s\u2019enthousiaste et chouchoute justement le r\u00e9alisateur MIZOGUCHI Kenji, qui se r\u00e9v\u00e8le comme \u00e9tant LE ma\u00eetre du grand \u00e9cran. A son actif, on d\u00e9nombre pas moins d\u2019une centaine de films dont les plus notable sont Les Musiciens de Gion (\u7947\u5712\u56c3\u5b50, Gion bayashi, 1953) et bien s\u00fbr La Vie de O\u2019Haru femme galante (\u897f\u9db4\u4e00\u4ee3\u5973, Saikaku ichidai onna, 1952) ainsi que Les Contes de la lune vague apr\u00e8s la pluie (\u96e8\u6708\u7269\u8a9e, Ugetsu monogatari, 1953), ces deux derniers aussi seront prim\u00e9s a Venise.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, KINUSAGA Teinosuke remporte la palme d\u2019or du festival de Cannes en 1954 pour son film La porte de l\u2019enfer (\u5730\u7344\u9580, Jigokumon, 1953). Lui aussi d\u00e9buta sa carri\u00e8re de r\u00e9alisateur au d\u00e9but des ann\u00e9es 20.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9galement \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019OZU Yasujir\u00f4 r\u00e9alise ses films les plus connus comme Printemps tardif (\u6669\u6625, Banshun, 1949) ou encore Le Go\u00fbt du riz au th\u00e9 vert (\u304a\u8336\u6f2c\u306e\u5473, Ochazuke no aji, 1952). Il r\u00e9alisa cependant un bon nombre de films entre 1920 et 1930, mais ceux-ci resteront bien moins populaires.<\/p>\n<p>Un autre genre appel\u00e9 Shom Geki, des m\u00e9lodrames d\u00e9crivant la vie quotidienne des petites gens, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 \u00e0 cette p\u00e9riode. Le plus grand repr\u00e9sentant de ce genre est sans doute NARUSE Mikio. Il r\u00e9alise Nuages flottants (\u6d6e\u96f2, ukigumo, 1955) et aussi M\u00e8re (\u304a\u304b\u3042\u3055\u3093, Okaasan, 1952). Sa cons\u00e9cration viendra pourtant de son premier grand film Ma femme, sois comme une rose (Tsuma yo bara no yo ni, 1935), qui gagne le prix du meilleur film japonais en 1953 (prix kinema jumpo) et est le premier film japonais parlant \u00e0 \u00eatre distribu\u00e9 aux Etats-unis.<\/p>\n<h2>Le cin\u00e9ma japonais d\u2019animation<\/h2>\n<p>Avant la seconde guerre mondiale, il existe d\u00e9j\u00e0 des animateurs au japon tels que KITAYAMA Seitar\u00f4, pionnier du cin\u00e9ma d\u2019animation au japon. Je ne m\u2019attarderais pas trop sur le sujet, le cin\u00e9ma d\u2019animation m\u00e9ritant \u00e0 lui seul un article. Il est tout de m\u00eame bon de mentionner que le lancement du studio TOEI Animation, filiale du studio TOEI et fond\u00e9 en 1956, est un tournant dans cette histoire. Il s\u2019agit en fait de l\u2019absorption d\u2019un studio d\u00e9j\u00e0 existant qui s\u2019appelait Nichid\u00f4 Eiga-sha et qui produisait des courts m\u00e9trages.<\/p>\n<p>Au lancement du studio TOEI Animation, celui-ci avait beaucoup d\u2019ambition et notamment celle de devenir le \u00ab Disney \u00bb asiatique en r\u00e9alisant et en proposant des films d\u2019animations d\u2019une qualit\u00e9 \u00e9quivalente, voire sup\u00e9rieure, \u00e0 celui du c\u00e9l\u00e8bre studio am\u00e9ricain. N\u00e9anmoins, cela n\u2019est pas chose facile.<\/p>\n<p>Le premier film produit par la Toei est Le Serpent blanc (\u767d\u86c7\u4f1d, Hakuja den, 1958) en 1958 et est r\u00e9alis\u00e9 par YABUSHITA Taiji. Dans un soucis de qualit\u00e9, ce film fut r\u00e9alis\u00e9 avec une fr\u00e9quence de 32 images par seconde (le standard au cin\u00e9ma est aujourd\u2019hui de 24 images par seconde) ce qui conf\u00e8re aux personnages une fluidit\u00e9 parfois \u00e9trange.<\/p>\n<p>De 1956 \u00e0 1971, dix neufs long m\u00e9trages y seront produits. Certains d\u2019entre eux sont d\u2019ailleurs disponibles en DVD en France, distribu\u00e9s par Wildside Video. Ils sont donc pour nous les plus connus et il s\u2019agit de :<\/p>\n<ul>\n<li>Le Serpent blanc (\u767d\u86c7\u4f1d, Hakuja den, 1958)<\/li>\n<li>Horus, Prince du Soleil (\u592a\u967d\u306e\u738b\u5b50 \u30db\u30eb\u30b9\u306e\u5927\u5192\u967a, Taiyo no oji : Horusu no daiboken, 1968)<\/li>\n<li>Le Chat bott\u00e9 (\u9577\u9774\u3092\u306f\u3044\u305f\u732b, Nagagutsu o haita neko, 1969)<\/li>\n<li>l\u2019\u00eele au tr\u00e9sor des animaux ( D\u00f4butsu Takara-jima, 1971)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le studio r\u00e9alisera bien d\u2019autres films apr\u00e8s 1971 mais son d\u00e9clin commencera aux d\u00e9but des ann\u00e9es 70 avec le d\u00e9part de nombreux r\u00e9alisateurs et animateurs de talents vers d\u2019autres studios, des personnes aujourd\u2019hui de renom telles que TAKAHATA Isao et MIYAZAKI Hayao.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/serpent-blanc-film-animation-japonais.jpg\"><img src=\"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/serpent-blanc-film-animation-japonais-700x934.jpg\" alt=\"serpent blanc film d&#039;animation japonais\" class=\"aligncenter size-large wp-image-390\" \/><\/a><\/p>\n<h2>L\u2019av\u00e8nement de la t\u00e9l\u00e9vision japonaise<\/h2>\n<p>Malheureusement, l\u2019arriv\u00e9e de la t\u00e9l\u00e9vision dans les foyers japonais mis fin \u00e0 cette vivifiante explosion de r\u00e9alisateurs pourtant bien inspir\u00e9s. Quelle est la raison \u00e0 cela me direz vous. Les producteurs en sont la cause.<\/p>\n<p>En effet, ceux-ci se tournent alors vers une formule nouvelle et beaucoup plus rentable, le film de divertissement. C\u2019est l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau genre, le Kaiju Eiga (\u602a\u7363\u6620\u753b, films de monstres) qui emploie des maquettes de villes en carton et des acteurs costum\u00e9s en grands monstres de latex. Le plus populaire d\u2019entre eux est Gozilla (\u30b4\u30b8\u30e9, Gojira, 1954) de HONDA Ishiniro sorti en 1954. C\u2019est alors que d\u2019autres monstres dans le m\u00eame style (Gamera, Mothra) envahissent les salles. C\u2019est le d\u00e9but de la crise du cin\u00e9ma nippon, qui n\u2019est pas pr\u00eate de s\u2019arr\u00eater d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>Les jeux olympiques de Tokyo de 1964 finissent d\u2019achever le grand \u00e9cran en lui portant le coup de gr\u00e2ce. A cette occasion, des millions de foyers s\u2019\u00e9quipent en postes de t\u00e9l\u00e9vision pour suivre leurs athl\u00e8tes nationaux. Ils garderont ensuite l\u2019habitude de rester scotch\u00e9s sur le tube cathodique. La demande des t\u00e9l\u00e9spectateurs est telle que l\u2019on doit importer des productions am\u00e9ricaines en masse. De plus, le gouvernement ne fait rien pour aider l\u2019industrie cin\u00e9matographique dans sa bataille contre le petit \u00e9cran.<\/p>\n<h2>Le Pink Eiga<\/h2>\n<p>Le pinku eiga (\u30d4\u30f3\u30af\u6620\u753b) signifie \u00ab cin\u00e9ma rose \u00bb et d\u00e9signe une forme de cin\u00e9ma \u00e9rotique sp\u00e9cifiquement japonais. Ce genre vit le jour au milieu des ann\u00e9es 1960 et regroupe des films \u00e0 teneur plus ou moins \u00e9rotique, bien que l\u2019\u00e9rotisme ne soit pas n\u00e9cessairement l\u2019objet central du film. Certains pinku eiga furent jug\u00e9s obsc\u00e8nes pour quelques sc\u00e8nes anecdotiques de nu. Le sc\u00e9nario reste relativement important et le sexe n\u2019est pas montr\u00e9 cr\u00fbment. Les diverses formes de perversions et surtout de sadisme \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes constituent souvent la principale ressource \u00e9rotique. Ces films \u00e9taient le plus souvent tourn\u00e9s avec un budget d\u00e9risoire.<\/p>\n<p>Le pinku deviendra plus \u00e9rotique durant les ann\u00e9es 70, et notamment aux travers des productions de la Nikkatsu appel\u00e9es \u00ab roman porno \u00bb. Cette popularit\u00e9 d\u00e9clinera lorsque le march\u00e9 de la vid\u00e9o am\u00e8nera la concurrence avec des films purement \u00e9rotique et pornographique.<\/p>\n<p>Les grands r\u00e9alisateurs de ce mouvement sont ZEZE Takahisa et WAKAMATSU Koji. Ce dernier \u00e9tant le plus c\u00e9l\u00e8bre avec des films comme Quand l\u2019embryon part braconner (, \u80ce\u5150\u304c\u5bc6\u731f\u3059\u308b\u6642?, Taiji ga mitsuryosuru toki, 1966) ou Va va, vierge pour la deuxi\u00e8me fois (\u3086\u3051\u3086\u3051\u4e8c\u5ea6\u76ee\u306e\u51e6\u5973, Yuke yuke nidome no shojo, 1969).<\/p>\n<h2>La nouvelle vague<\/h2>\n<p>Pourtant, une filiale des studios Toho, apell\u00e9e Art Theater Guild (ATG), ravive une lueur d\u2019espoir. Cr\u00e9e dans les ann\u00e9es 60, elle avait pour but la distribution de films \u00e9trangers mais finira par se consacrer au financement des films de jeunes cin\u00e9astes. C\u2019est la nouvelle vague japonaise inspir\u00e9e du cin\u00e9ma fran\u00e7ais \u00e0 la GODARD. Des r\u00e9alisateurs comme OSHIMA Nagisa, SHINODA Masahiro ou YOSHIDA Kiju crient leur fureur de vivre en portant \u00e0 l\u2019\u00e9cran des films crus remettant en cause la soci\u00e9t\u00e9 japonaise. OSHIMA passe pour \u00eatre le plus grin\u00e7ant et le plus enrag\u00e9 d\u2019entre eux. Afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019emprise des grandes maisons de production et de la censure, il fonde sa propre compagnie, la SOZOCHA, apr\u00e8s quoi il s\u2019impose tr\u00e8s vite comme l\u2019un des plus grands r\u00e9alisateurs de son \u00e9poque. On lui doit de nombreux chefs-d\u2019ouvre comme La C\u00e9r\u00e9monie (\u5100\u5f0f, Gishiki, 1971) mais surtout le duo de films L\u2019empire des sens (\u611b\u306e\u30b3\u30ea\u30fc\u30c0, Ai no korida, 1976) et L\u2019empire de la passion (\u611b\u306e\u4ea1\u970a, Ai no borei, 1978).<\/p>\n<p>YOSHIDA n\u2019est pas aussi productif mais est \u00e9galement tr\u00e8s remarqu\u00e9 pour Eros + Massacre (\u30a8\u30ed\u30b9+\u8650\u6bba, Eros + Gyakusatsu, 1969) et Onimazu (\u5d50\u304c\u4e18, Arashi Ga Oka, 1988), une adaptation des \u00ab hauts de hurlevent \u00bb dans un japon m\u00e9di\u00e9val.<\/p>\n<p>IMAMURA Shohei, quand \u00e0 lui, re\u00e7oit en 1986 la palme d\u2019or de cannes pour la ballade de Narayama (\u6962\u5c71\u7bc0\u8003, Narayama bushi-ko, 1983)<\/p>\n<p>Mais le dernier film financ\u00e9 par l\u2019ATG a la fin des ann\u00e9es 80 passe inaper\u00e7u sous le flot des grosses productions hollywoodiennes. C\u2019est que les producteurs ont pris peur et deviennent frileux devant la rage audacieuse des enfants terribles du cin\u00e9ma japonais, dont l\u2019oeuvre \u00e9sot\u00e9rique et intellectuelle ne remplit ni les salles, ni les tiroirs-caisse. On se tourne alors vers le divertissement commercial. Ce que l\u2019on appellera alors \u00ab l\u2019\u00e9roproduction \u00bb, avec ses films pornographiques, qui semble petit \u00e0 petit s\u2019installer et \u00eatre le seul moyen de sauver le cin\u00e9ma de la catastrophe. De cette m\u00e9diocrit\u00e9 commerciale na\u00eetra le pr\u00e9jug\u00e9 selon lequel les films japonais manquent d\u2019originalit\u00e9 et de piquant, ce qui n\u2019encourage en rien toute initiative gouvernementale ou priv\u00e9e d\u2019investir dans le secteur. Les studios disparaissent les uns apr\u00e8s les autres m\u00eame si la SHOCHIKU survit gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9ternel succ\u00e8s de son h\u00e9ros \u00e0 la long\u00e9vit\u00e9 l\u00e9gendaire TORA SAN. Ce genre de James bond japonais, toujours pr\u00e9sent pour sauver la veuve et l\u2019orphelin, re\u00e7oit toujours l\u2019approbation du public et compte 43 longs m\u00e9trages, tourn\u00e9s en s\u00e9rie, depuis sa premi\u00e8re apparition en 1969.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 70 furent aussi marqu\u00e9es par une s\u00e9rie de 6 films inspir\u00e9s du manga \u00ab Lone Wolf and Cub\u00ab . Ces films de type samurai-eiga (films de samourais) content l\u2019histoire de OGAMI Ittou, l\u2019ex\u00e9cuteur du shogun, qui prit la d\u00e9cision de veiller et de venger un enfant qu\u2019il d\u00e9couvrit dans une poussette. Traduit en anglais et en fran\u00e7ais par le titre Baby Cart , ces films restent une r\u00e9f\u00e9rence du genre pour beaucoup de r\u00e9alisateurs et ont notamment influenc\u00e9 Quentin TARANTINO, qui fait un clin d\u2019oeil \u00e0 cette s\u00e9rie dans KILL BILL vol. 2 (la mari\u00e9e et sa fille regardent un montage de baby cart).<\/p>\n<p>La recherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de producteurs poussent de nombreux cin\u00e9astes japonais \u00e0 recourir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour r\u00e9aliser leur chefs-d\u2019oeuvre. Ce fut le cas pour KUROSAWA pour son film Kagemusha, l\u2019ombre du guerrier (\u5f71\u6b66\u8005, Kagemusha, 1980) et d\u2019OSHIMA pour Furyo (\u6226\u5834\u306e\u30e1\u30ea\u30fc\u30af\u30ea\u30b9\u30de\u30b9, Senjo no\/Merry Xmas, Mr Lawrence, 1983) avec David Bowie dans le r\u00f4le principal.<\/p>\n<h2>Touch\u00e9 mais pas coul\u00e9<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 tout, le cin\u00e9ma japonais vit encore, comme le prouvent des r\u00e9alisateurs talentueux comme OGURI Kohei et YOSHIMITSU Morita dont de nombreuses r\u00e9trospectives dans des cin\u00e9ma d\u2019art et d\u2019essais du monde entier leur rendent hommage.<\/p>\n<p>Sans oublier bien sur, KITANO Takeshi (ou BEAT TAKESHI, nom qu\u2019il utilise plus souvent quand il s\u2019agit de projet t\u00e9l\u00e9visuel), surement l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres et des plus appr\u00e9ci\u00e9 hors de ses fronti\u00e8res. Il doit cette renomm\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alisation de films d\u00e9sormais cultes tel que Sonatine (\u30bd\u30ca\u30c1\u30cd, Sonachine, 1993), kids return (\u30ad\u30c3\u30ba\u30fb\u30ea\u30bf\u30fc\u30f3, Kizu ritan, 1996), Hana-Bi (\u82b1\u706b, 1997), ou encore pour son adaptation du roman de SHIMOZAWA Kan, Zatoichi (\u5ea7\u982d\u5e02, 2003). Son dernier film en date en tant que r\u00e9alisateur est Outrage (\u30a2\u30a6\u30c8\u30ec\u30a4\u30b8, Autoreiji, 2010).<\/p>\n<p>MIIKE Takashi fait aussi partie de ces r\u00e9alisateurs qui s\u2019exporte bien \u00e0 l\u2019\u00e9tranger notamment gr\u00e2ce \u00e0 des adaptation de licences \u00e0 succ\u00e8s comme la s\u00e9rie des Dead Or Alive 1,2 et 3, Crows Zero 1 et 2 (\u30af\u30ed\u30fc\u30baZERO, Kurosu zero), MPD Psycho (\u591a\u91cd\u4eba\u683c\u63a2\u5075\u30b5\u30a4\u30b3, Taj\u016b jinkaku tantei saiko: Amamiya Kazuhiko no kikan, 2000) ou plus r\u00e9cemment Yatterman ( \u30e4\u30c3\u30bf\u30fc\u30de\u30f3, Yataaman, 2009). Cel\u00e0 ne l\u2019emp\u00eache pas pourtant de r\u00e9aliser des films plus personnel, plus complexes et moins \u00ab mainstream \u00bb, comme nous le prouve Big bang love juvenile A (46\u5104\u5e74\u306e\u604b, 46-okunen no koi, 2006), un film barr\u00e9 \u00e0 souhait, ou bien encore Audition (\u30aa\u30fc\u30c7\u30a3\u30b7\u30e7\u30f3, \u014cdishon, 1999). Derni\u00e8rement, il fit sensation au festival de Cannes en pr\u00e9sentant son dernier film Hara-kiri: death of a samurai ( Ichimei, 2011), premier film en 3D en comp\u00e9tition de l\u2019histoire du festival. Il travaille en ce moment \u00e0 la r\u00e9alisation de Crows zero 3, dernier volet de la saga, qui devrait sortir en fin d\u2019ann\u00e9e 2011 (voir d\u00e9but 2012). Les rumeurs vont bon train concernant le sc\u00e9nario de celui-ci.<\/p>\n<p>On peut noter \u00e9galement SION Sono pour ses oeuvres compl\u00e8tement d\u00e9jant\u00e9es, faisant de lui un r\u00e9alisateur d\u00e9test\u00e9 au japon par certains, mais \u00e9galement adul\u00e9 par d\u2019autres. En effet, il avait fait sensation en 2002 avec Suicide Club (Jisatsu saakuru, 2002) racontant l\u2019histoire de plusieurs dizaines de coll\u00e9giennes qui se sont rencontr\u00e9es sur internet afin de mettre fin \u00e0 leurs jours ensemble en se jetant sous une rame de m\u00e9tro. Il montre ainsi du doigt le malaise de certains jeunes japonais dans cette soci\u00e9t\u00e9 qui les \u00e9touffe, avant de rempiler avec une suite Noriko\u2019s dinner table (Noriko no shokutaku) en 2005. Ses deux autres films notables sont Strange Circus (Kimy\u00f4 na s\u00e2kasu, 2005) ou la vengeance gore d\u2019une fille qui fut viol\u00e9e puis sequestr\u00e9e dans un \u00e9tuis \u00e0 violoncelle quand elle \u00e9tait petite ainsi que Love Exposure (Ai no mukidashi, 2008), histoire d\u2019amour et de manipulation entre un gar\u00e7on aux penchants pervers et sa demi-soeur. Ce film, qui dure pourtant 4h, reste prenant du d\u00e9but \u00e0 la fin.<\/p>\n<p>Bien \u00e9videment, d\u2019autres films \u00e9parses, car r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 des \u00e9poques diff\u00e9rentes et par des r\u00e9alisateur moins renomm\u00e9s, sont n\u00e9anmoins bien connus du grand public. Des Films comme Battle Royal (\u30d0\u30c8\u30eb\u30fb\u30ed\u30ef\u30a4\u30a2\u30eb, Batoru rowaiaru, 2000) de FUKASAKU Kinji ou encore Ring ( \u30ea\u30f3\u30b0, Ringu, 1998) de NAKATA Hideo ont beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 la popularisation des films japonais \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Plus r\u00e9cent, on peut \u00e9galement mentionner le tr\u00e8s beau et po\u00e9tique film de TAKITA Youjirou, Departures ( \u304a\u304f\u308a\u3073\u3068, Okuribito, 2008).<\/p>\n<p>Je finirais cet article en parlant des com\u00e9dies nippones, qui sont aujourd\u2019hui un genre tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 des jeunes g\u00e9n\u00e9rations, et pas seulement au japon. Ces com\u00e9dies, la plupart du temps sentimentales et souvent inspir\u00e9es de manga, de nouvelles litt\u00e9raires ou encore de s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es (drama) doivent leurs succ\u00e8s a ces derniers dont l\u2019histoire est d\u00e9j\u00e0 bien connue du grand public. On peut citer par exemple des films comme l\u2019homme du train (\u96fb\u8eca\u7537, Densha Otoko, 2005), Kimi Ni Todoke: from me to you (\u541b\u306b\u5c4a\u3051, 2010) ou encore Give My First Love To You ( \u50d5\u306e\u521d\u604b\u3092\u30ad\u30df\u306b\u6367\u3050, Boku no Hatsukoi wo Kimi ni Sasagu, 2009).<\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma japonais a donc encore un bel avenir devant lui, comme nous le prouve la multitude de r\u00e9compenses (meilleur Film, meilleur r\u00e9alisateur, meilleur sc\u00e9nario &amp; meilleur production aux 34e Japan Academy Prize) et sa nomination a la 83e c\u00e9r\u00e9monie des oscars dans la cat\u00e9gorie meilleur film \u00e9tranger pour Confessions (\u544a\u767d, Kokuhaku, 2010) du r\u00e9alisateur NAKASHIMA Tetsuya.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019histoire du cin\u00e9ma japonais commence au d\u00e9but du si\u00e8cle, dans les ann\u00e9es 1900 \u2013 1910, et d\u00e9bute avec le tournage discret de films documentaires et de classiques de pi\u00e8ces de th\u00e9atre Kabuki, g\u00e9n\u00e9ralement quelques sc\u00e8nes c\u00e9l\u00e8bres, les pi\u00e8ces \u00e9tant trop longues (au moins 4h). Puis, un peu plus tard, vient l\u2019\u00e9poque des benshi (ou \u00ab homme parlant \u00bb), qui lisent et commentent les intertitres des films muets avec force et improvisation. Les images restant en arri\u00e8re plan, ces commentaires sont pour le public la principale attraction d\u2019un film et certains de ces commentaires \u00e9taient interpr\u00e9t\u00e9s avec tellement d\u2019enthousiasme et de brio, que certains s\u2019accordent \u00e0 dire qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 du premier \u00e2ge d\u2019or du cin\u00e9ma nippon. Les premiers films d\u2019auteurs font leur apparition au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920 avec par exemple des r\u00e9alisateurs tels que MIZOGUCHI Kenji qui r\u00e9alisa son premier film, Le jour o\u00f9 l\u2019amour revit (Ai ni yomigaeru hi) en 1922. Il faudra cependant attendre les ann\u00e9es 50 pour enfin voir l\u2019apparition d\u2019un v\u00e9ritable art cin\u00e9matographique japonais. Le cin\u00e9ma japonais dans les ann\u00e9es 50 C\u2019est le deuxi\u00e8me \u00e2ge d\u2019or (ou l\u2019unique pour d\u2019autres). C\u2019est \u00e0 cette p\u00e9riode que les grands studios sont les plus productifs. A cette \u00e9poque, seules six grands studios (Daiei, Nikkatsu, Shintoho, Shochiku, Toei et Toho) se partagent toute la production nippone. Tournant chacun environ 2 films par semaine, ils produisent un total de plus de 600 films par an. Bien s\u00fbr, la qualit\u00e9 de ceux-ci est in\u00e9gale et quelques chefs d\u2019oeuvre c\u00f4toient des films dont l\u2019int\u00e9r\u00eat est, dirons nous, limit\u00e9. Pourtant, cette abondance de productions n\u2019a pas que des d\u00e9savantages. En effet, elle fournira l\u2019occasion \u00e0 quelques cin\u00e9astes de faire leurs premi\u00e8res armes et de se forger une renomm\u00e9e internationale. Parmi eux KUROSAWA Akira qui, avec son incroyable et d\u00e9sormais classique film Rash\u00f4mon (\u7f85\u751f\u9580, 1950), d\u00e9croche le Lion d\u2019or du festival de Venise en 1951. Le cin\u00e9ma japonais est d\u00e8s lors propuls\u00e9 sur le devant de la sc\u00e8ne internationale. Il r\u00e9alisera plus tard un autre film que la critique consid\u00e8re comme son chef d\u2019oeuvre, Les sept samoura\u00efs (\u4e03\u4eba\u306e\u4f8d, Shichinin no samurai, 1954). Ce film obtient le lion d\u2019argent \u00e0 Venise en 1954 et contribua grandement \u00e0 la renomm\u00e9e de KUROSAWA (plus m\u00eame que Rash\u00f4mon). Un remake am\u00e9ricain verra d\u2019ailleurs le jour en 1960, Les sept mercenaires. A partir de l\u00e0 d\u00e9bute une v\u00e9ritable envol\u00e9e des cin\u00e9astes japonais dont les oeuvres sont montr\u00e9es et appr\u00e9ci\u00e9es aux quatre coins du monde. La critique fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9poque s\u2019enthousiaste et chouchoute justement le r\u00e9alisateur MIZOGUCHI Kenji, qui se r\u00e9v\u00e8le comme \u00e9tant LE ma\u00eetre du grand \u00e9cran. A son actif, on d\u00e9nombre pas moins d\u2019une centaine de films dont les plus notable sont Les Musiciens de Gion (\u7947\u5712\u56c3\u5b50, Gion bayashi, 1953) et bien s\u00fbr La Vie de O\u2019Haru femme galante (\u897f\u9db4\u4e00\u4ee3\u5973, Saikaku ichidai onna, 1952) ainsi que Les Contes de la lune vague apr\u00e8s la pluie (\u96e8\u6708\u7269\u8a9e, Ugetsu monogatari, 1953), ces deux derniers aussi seront prim\u00e9s a Venise. Dans le m\u00eame temps, KINUSAGA Teinosuke remporte la palme d\u2019or du festival de Cannes en 1954 pour son film La porte de l\u2019enfer (\u5730\u7344\u9580, Jigokumon, 1953). Lui aussi d\u00e9buta sa carri\u00e8re de r\u00e9alisateur au d\u00e9but des ann\u00e9es 20. C\u2019est \u00e9galement \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019OZU Yasujir\u00f4 r\u00e9alise ses films les plus connus comme Printemps tardif (\u6669\u6625, Banshun, 1949) ou encore Le Go\u00fbt du riz au th\u00e9 vert (\u304a\u8336\u6f2c\u306e\u5473, Ochazuke no aji, 1952). Il r\u00e9alisa cependant un bon nombre de films entre 1920 et 1930, mais ceux-ci resteront bien moins populaires. Un autre genre appel\u00e9 Shom Geki, des m\u00e9lodrames d\u00e9crivant la vie quotidienne des petites gens, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 \u00e0 cette p\u00e9riode. Le plus grand repr\u00e9sentant de ce genre est sans doute NARUSE Mikio. Il r\u00e9alise Nuages flottants (\u6d6e\u96f2, ukigumo, 1955) et aussi M\u00e8re (\u304a\u304b\u3042\u3055\u3093, Okaasan, 1952). Sa cons\u00e9cration viendra pourtant de son premier grand film Ma femme, sois comme une rose (Tsuma yo bara no yo ni, 1935), qui gagne le prix du meilleur film japonais en 1953 (prix kinema jumpo) et est le premier film japonais parlant \u00e0 \u00eatre distribu\u00e9 aux Etats-unis. Le cin\u00e9ma japonais d\u2019animation Avant la seconde guerre mondiale, il existe d\u00e9j\u00e0 des animateurs au japon tels que KITAYAMA Seitar\u00f4, pionnier du cin\u00e9ma d\u2019animation au japon. Je ne m\u2019attarderais pas trop sur le sujet, le cin\u00e9ma d\u2019animation m\u00e9ritant \u00e0 lui seul un article. Il est tout de m\u00eame bon de mentionner que le lancement du studio TOEI Animation, filiale du studio TOEI et fond\u00e9 en 1956, est un tournant dans cette histoire. Il s\u2019agit en fait de l\u2019absorption d\u2019un studio d\u00e9j\u00e0 existant qui s\u2019appelait Nichid\u00f4 Eiga-sha et qui produisait des courts m\u00e9trages. Au lancement du studio TOEI Animation, celui-ci avait beaucoup d\u2019ambition et notamment celle de devenir le \u00ab Disney \u00bb asiatique en r\u00e9alisant et en proposant des films d\u2019animations d\u2019une qualit\u00e9 \u00e9quivalente, voire sup\u00e9rieure, \u00e0 celui du c\u00e9l\u00e8bre studio am\u00e9ricain. N\u00e9anmoins, cela n\u2019est pas chose facile. Le premier film produit par la Toei est Le Serpent blanc (\u767d\u86c7\u4f1d, Hakuja den, 1958) en 1958 et est r\u00e9alis\u00e9 par YABUSHITA Taiji. Dans un soucis de qualit\u00e9, ce film fut r\u00e9alis\u00e9 avec une fr\u00e9quence de 32 images par seconde (le standard au cin\u00e9ma est aujourd\u2019hui de 24 images par seconde) ce qui conf\u00e8re aux personnages une fluidit\u00e9 parfois \u00e9trange. De 1956 \u00e0 1971, dix neufs long m\u00e9trages y seront produits. Certains d\u2019entre eux sont d\u2019ailleurs disponibles en DVD en France, distribu\u00e9s par Wildside Video. Ils sont donc pour nous les plus connus et il s\u2019agit de : Le Serpent blanc (\u767d\u86c7\u4f1d, Hakuja den, 1958) Horus, Prince du Soleil (\u592a\u967d\u306e\u738b\u5b50 \u30db\u30eb\u30b9\u306e\u5927\u5192\u967a, Taiyo no oji : Horusu no daiboken, 1968) Le Chat bott\u00e9 (\u9577\u9774\u3092\u306f\u3044\u305f\u732b, Nagagutsu o haita neko, 1969) l\u2019\u00eele au tr\u00e9sor des animaux ( D\u00f4butsu Takara-jima, 1971) Le studio r\u00e9alisera bien d\u2019autres films apr\u00e8s 1971 mais son d\u00e9clin commencera aux d\u00e9but des ann\u00e9es 70 avec le d\u00e9part de nombreux r\u00e9alisateurs et animateurs de talents vers d\u2019autres studios, des personnes aujourd\u2019hui de renom telles que TAKAHATA Isao et MIYAZAKI Hayao. L\u2019av\u00e8nement de la t\u00e9l\u00e9vision japonaise Malheureusement, l\u2019arriv\u00e9e de la t\u00e9l\u00e9vision dans les foyers japonais mis fin \u00e0 cette vivifiante explosion de r\u00e9alisateurs pourtant bien inspir\u00e9s. Quelle est la raison \u00e0 cela me direz vous. Les producteurs en sont la cause. En effet, ceux-ci se tournent alors vers une formule nouvelle et beaucoup plus rentable, le film de divertissement. C\u2019est l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau genre, le Kaiju Eiga (\u602a\u7363\u6620\u753b, films de monstres) qui emploie des maquettes de villes en carton et des acteurs costum\u00e9s en grands monstres de latex. Le plus populaire d\u2019entre eux est Gozilla (\u30b4\u30b8\u30e9, Gojira, 1954) de HONDA Ishiniro sorti en 1954. C\u2019est alors que d\u2019autres monstres dans le m\u00eame style (Gamera, Mothra) envahissent les salles. C\u2019est le d\u00e9but de la crise du cin\u00e9ma nippon, qui n\u2019est pas pr\u00eate de s\u2019arr\u00eater d\u2019ailleurs. Les jeux olympiques de Tokyo de 1964 finissent d\u2019achever le grand \u00e9cran en lui portant le coup de gr\u00e2ce. A cette occasion, des millions de foyers s\u2019\u00e9quipent en postes de t\u00e9l\u00e9vision pour suivre leurs athl\u00e8tes nationaux. Ils garderont ensuite l\u2019habitude de rester scotch\u00e9s sur le tube cathodique. La demande des t\u00e9l\u00e9spectateurs est telle que l\u2019on doit importer des productions am\u00e9ricaines en masse. De plus, le gouvernement ne fait rien pour aider l\u2019industrie cin\u00e9matographique dans sa bataille contre le petit \u00e9cran. Le Pink Eiga Le pinku eiga (\u30d4\u30f3\u30af\u6620\u753b) signifie \u00ab cin\u00e9ma rose \u00bb et d\u00e9signe une forme de cin\u00e9ma \u00e9rotique sp\u00e9cifiquement japonais. Ce genre vit le jour au milieu des ann\u00e9es 1960 et regroupe des films \u00e0 teneur plus ou moins \u00e9rotique, bien que l\u2019\u00e9rotisme ne soit pas n\u00e9cessairement l\u2019objet central du film. Certains pinku eiga furent jug\u00e9s obsc\u00e8nes pour quelques sc\u00e8nes anecdotiques de nu. Le sc\u00e9nario reste relativement important et le sexe n\u2019est pas montr\u00e9 cr\u00fbment. Les diverses formes de perversions et surtout de sadisme \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes constituent souvent la principale ressource \u00e9rotique. Ces films \u00e9taient le plus souvent tourn\u00e9s avec un budget d\u00e9risoire. Le pinku deviendra plus \u00e9rotique durant les ann\u00e9es 70, et notamment aux travers des productions de la Nikkatsu appel\u00e9es \u00ab roman porno \u00bb. Cette popularit\u00e9 d\u00e9clinera lorsque le march\u00e9 de la vid\u00e9o am\u00e8nera la concurrence avec des films purement \u00e9rotique et pornographique. Les grands r\u00e9alisateurs de ce mouvement sont ZEZE Takahisa et WAKAMATSU Koji. Ce dernier \u00e9tant le plus c\u00e9l\u00e8bre avec des films comme Quand l\u2019embryon part braconner (, \u80ce\u5150\u304c\u5bc6\u731f\u3059\u308b\u6642?, Taiji ga mitsuryosuru toki, 1966) ou Va va, vierge pour la deuxi\u00e8me fois (\u3086\u3051\u3086\u3051\u4e8c\u5ea6\u76ee\u306e\u51e6\u5973, Yuke yuke nidome no shojo, 1969). La nouvelle vague Pourtant, une filiale des studios Toho, apell\u00e9e Art Theater Guild (ATG), ravive une lueur d\u2019espoir. Cr\u00e9e dans les ann\u00e9es 60, elle avait pour but la distribution de films \u00e9trangers mais finira par se consacrer au financement des films de jeunes cin\u00e9astes. C\u2019est la nouvelle vague japonaise inspir\u00e9e du cin\u00e9ma fran\u00e7ais \u00e0 la GODARD. Des r\u00e9alisateurs comme OSHIMA Nagisa, SHINODA Masahiro ou YOSHIDA Kiju crient leur fureur de vivre en portant \u00e0 l\u2019\u00e9cran des films crus remettant en cause la soci\u00e9t\u00e9 japonaise. OSHIMA passe pour \u00eatre le plus grin\u00e7ant et le plus enrag\u00e9 d\u2019entre eux. Afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019emprise des grandes maisons de production et de la censure, il fonde sa propre compagnie, la SOZOCHA, apr\u00e8s quoi il s\u2019impose tr\u00e8s vite comme l\u2019un des plus grands r\u00e9alisateurs de son \u00e9poque. On lui doit de nombreux chefs-d\u2019ouvre comme La C\u00e9r\u00e9monie (\u5100\u5f0f, Gishiki, 1971) mais surtout le duo de films L\u2019empire des sens (\u611b\u306e\u30b3\u30ea\u30fc\u30c0, Ai no korida, 1976) et L\u2019empire de la passion (\u611b\u306e\u4ea1\u970a, Ai no borei, 1978). YOSHIDA n\u2019est pas aussi productif mais est \u00e9galement tr\u00e8s remarqu\u00e9 pour Eros + Massacre (\u30a8\u30ed\u30b9+\u8650\u6bba, Eros + Gyakusatsu, 1969) et Onimazu (\u5d50\u304c\u4e18, Arashi Ga Oka, 1988), une adaptation des \u00ab hauts de hurlevent \u00bb dans un japon m\u00e9di\u00e9val. IMAMURA Shohei, quand \u00e0 lui, re\u00e7oit en 1986 la palme d\u2019or de cannes pour la ballade de Narayama (\u6962\u5c71\u7bc0\u8003, Narayama bushi-ko, 1983) Mais le dernier film financ\u00e9 par l\u2019ATG a la fin des ann\u00e9es 80 passe inaper\u00e7u sous le flot des grosses productions hollywoodiennes. C\u2019est que les producteurs ont pris peur et deviennent frileux devant la rage audacieuse des enfants terribles du cin\u00e9ma japonais, dont l\u2019oeuvre \u00e9sot\u00e9rique et intellectuelle ne remplit ni les salles, ni les tiroirs-caisse. On se tourne alors vers le divertissement commercial. Ce que l\u2019on appellera alors \u00ab l\u2019\u00e9roproduction \u00bb, avec ses films pornographiques, qui semble petit \u00e0 petit s\u2019installer et \u00eatre le seul moyen de sauver le cin\u00e9ma de la catastrophe. De cette m\u00e9diocrit\u00e9 commerciale na\u00eetra le pr\u00e9jug\u00e9 selon lequel les films japonais manquent d\u2019originalit\u00e9 et de piquant, ce qui n\u2019encourage en rien toute initiative gouvernementale ou priv\u00e9e d\u2019investir dans le secteur. Les studios disparaissent les uns apr\u00e8s les autres m\u00eame si la SHOCHIKU survit gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9ternel succ\u00e8s de son h\u00e9ros \u00e0 la long\u00e9vit\u00e9 l\u00e9gendaire TORA SAN. Ce genre de James bond japonais, toujours pr\u00e9sent pour sauver la veuve et l\u2019orphelin, re\u00e7oit toujours l\u2019approbation du public et compte 43 longs m\u00e9trages, tourn\u00e9s en s\u00e9rie, depuis sa premi\u00e8re apparition en 1969. Les ann\u00e9es 70 furent aussi marqu\u00e9es par une s\u00e9rie de 6 films inspir\u00e9s du manga \u00ab Lone Wolf and Cub\u00ab . Ces films de type samurai-eiga (films de samourais) content l\u2019histoire de OGAMI Ittou, l\u2019ex\u00e9cuteur du shogun, qui prit la d\u00e9cision de veiller et de venger un enfant qu\u2019il d\u00e9couvrit dans une poussette. Traduit en anglais et en fran\u00e7ais par le titre Baby Cart , ces films restent une r\u00e9f\u00e9rence du genre pour beaucoup de r\u00e9alisateurs et ont notamment influenc\u00e9 Quentin TARANTINO, qui fait un clin d\u2019oeil \u00e0 cette s\u00e9rie dans KILL BILL vol. 2 (la mari\u00e9e et sa fille regardent un montage de baby cart). La recherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de producteurs poussent de nombreux cin\u00e9astes japonais \u00e0 recourir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour r\u00e9aliser leur chefs-d\u2019oeuvre. Ce fut le cas pour KUROSAWA pour son film Kagemusha, l\u2019ombre du guerrier (\u5f71\u6b66\u8005, Kagemusha, 1980) et d\u2019OSHIMA pour Furyo (\u6226\u5834\u306e\u30e1\u30ea\u30fc\u30af\u30ea\u30b9\u30de\u30b9, Senjo no\/Merry Xmas, Mr Lawrence, 1983) avec David Bowie dans le r\u00f4le principal. Touch\u00e9 mais pas coul\u00e9 Malgr\u00e9 tout, le cin\u00e9ma japonais vit encore, comme le prouvent des r\u00e9alisateurs talentueux comme OGURI Kohei et YOSHIMITSU Morita dont de nombreuses r\u00e9trospectives dans des cin\u00e9ma d\u2019art et d\u2019essais du monde&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[16],"tags":[],"yst_prominent_words":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/387"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=387"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/387\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":391,"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/387\/revisions\/391"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=387"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=387"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=387"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mikatani.com\/boutique\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=387"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}