culture japonaise

Admirer la floraison des cerisiers au Japon

La fleur de cerisier est chère au cœur des Japonais. Comme les fleurs émergent chaque printemps, familles et amis se rassemblent à travers le Japon pour voir leur fleur nationale (sakura) en fleurs, boire du sake chaud et grignoter des boulettes sucrées. Il s’agit d’une tradition connue sous le nom de hanami (la « contemplation des fleurs »). Le rituel du hanami est célébré depuis le VIIIe siècle environ, d’abord seulement par les cours impériales avant de l’être également par les gens du peuple.

cerisier japonais pont rougeDe nos jours, les lieux réputés pour la culture des cerisiers peuvent être très fréquentés et les habitants se disputent les meilleurs points de vue dans les jardins publics en y disposant leurs couvertures de pique-nique plusieurs heures avant. Avec le mois d’avril qui marque non seulement le début de l’année scolaire japonaise mais aussi l’entrée dans la vie active de nombreux nouveaux employés, les fêtes du hanami et les festivals de fleurs de cerisier sont également un moyen populaire d’accueillir les nouveaux venus.

Combien de temps dure la floraison des cerisiers?

Généralement, la floraison des cerisiers est brève et dure d’une à deux semaines. Mais la longueur de l’archipel japonais est telle que la floraison apparaît fin janvier dans les îles subtropicales d’Okinawa, atteint les villes centrales de Kyoto et Tokyo en avril. Les dernières cerises fleurissent en mai dans la partie nord d’Hokkaido. L’avancée du « front des cerisiers en fleurs » est suivie dans les bulletins d’information nocturnes afin que les gens puissent planifier leur contemplation des fleurs.

La première photo ci-après montre des Japonais lors d’une fête d’observation des cerisiers en fleurs. Sur la seconde photo, il s’agit d’une représentation de l’empereur Meiji et de sa famille qui admirent les cerisiers en fleurs dans le parc d’Ueno.

L’une des principales destinations du Japon pour la floraison des cerisiers est le Mont Yoshino où 30 000 cerisiers colorent les coteaux en rose (une vue imprenable de Yoshino est visible au début de cet article). A Kyoto, l’attraction principale est un immense cerisier pleureur qui s’illumine la nuit. D’ailleurs au Japon, il est considéré comme étant une bonne forme de méditation de s’asseoir et de regarder s’ouvrir une seule fleur un jour ensoleillé. Mais ce n’est probablement pas au milieu de la foule du hanami que l’on peut méditer correctement.

Quelques œuvres artistiques glorifiant les cerisiers en fleur

Le tableau suivant a été réalisé par Shokei (1890) et est intitulé Gion Weeping Cherry.
Shokei (1890) Cerise pleureuse de Gion

Par ailleurs, le grand poète haïku Issa (1763-1828) consacra un certain nombre de ses poèmes aux cerisiers en fleurs. Les deux allusions suivantes à l’agitation d’une fête hanami :

Pluie de cerisiers en fleurs….

Pas un visage

Sans admirateur

Au milieu du son des voix

Des rougissements subsistent

Une cerise du soir

La fleur de cerisier est vénérée par les Japonais depuis des siècles : son aspect bref et ses fleurs fragiles sont un symbole durable de la nature éphémère de la vie. Dans la sensibilité japonaise, beaucoup de choses sont belles précisément parce qu’elles sont délicates et transitoires. Les poètes comparent les bosquets de cerisiers en fleurs à des nuages tandis que leurs pétales en cascade se transforment en neige. On dit que le papillon est un pétale tombé qui retourne sur la branche – une belle métaphore pour la renaissance, et exprimée dans ce haïku par Moritake (1473-1549) :

Une fleur tombée

Retournant sur sa branche ?

Non, un papillon !

Les samouraïs décoraient leur équipement militaire d’emblèmes de fleurs de cerisier parce qu’ils voyaient un parallèle avec leur propre vie – tout comme la fleur de cerisier tombait au moment de sa plus grande beauté, le guerrier fit face à une mort honorable dans une bataille à laquelle il avait préparé toute sa vie.

Enfin, sur une note moins spirituelle : les feuilles et les fleurs de cerisier sont souvent conservées dans le sel et consommées de différentes manières. Les feuilles aigres et salées sont utilisées comme emballages comestibles pour le sakura-mochi, un aliment traditionnel du printemps où un gâteau de riz est rempli de pâte de haricots doux. Les fleurs de cerisiers conservées flottent dans de l’eau plate bouillante pour faire un thé clair, légèrement rose (sakura-yu), salé et acide. Ça change du thé vert habituel. Traditionnellement, ce thé a été servi non seulement dans le cadre d’unions arrangées entre deux potentiels futurs mariés mais aussi lors des mariages. Étant clair et sans nuage, il est de bon augure pour un mariage heureux.

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