Vêtements traditionnels japonais

L’histoire du obi ou ceinture japonaise

Avec le temps, l’obi (une ceinture attachée autour de la taille) est devenue indispensable pour le maintien en place du Kimono. Il y a environ 400 ans, l’obi était aussi fine que les cordons que l’on trouve de nos jours. La largeur d’une obi avait été agrandie vers 1600 (début de l’ère Edo) mais n’a atteint sa taille actuelle que vers 1700 (milieu de l’ère Edo).

Au même moment, le Kabuki c’est-à-dire le théâtre dramatique traditionnel interprété par des acteurs masculins est devenu populaire. Le Kabuki est exclusivement joué par des hommes en kimono. Quand ils devaient jouer des rôles féminins, il fallait trouver des solutions pour accentuer leur féminité. L’une d’entre elles était de porter une obi épaisse et magnifique comme les femmes.

1) De 1300 à 1600 ou de l’ère Muromachi au début de l’ère Edo

Au début, l’obi était un mince cordon utilisé avec le vêtement intérieur du Kimono. Le vêtement externe ou Kosode était habituellement cousu en fonction de la longueur allant de l’épaule à la jambe. À l’époque, le Kosode était beaucoup plus petit car on le fabriquait à partir de morceaux de tissus de coupe. Sa forme était carrée, plate et souple: on l’appelait Hiraguke. À partir de la période Momoyama (jusqu’au début de l’ère Edo vers 1600), la ceinture tressée appelée Nagoya-Obi a fait son apparition. Cette dernière est également devenue populaire.

2) De 1620 à 1650 (les premières années d’Edo)

Sous l’ère Edo, le vêtement extérieur (Kosode) s’approcha de sa taille actuelle. Quant à la largeur de l’obi, elle était plus étroite et plus facile à nouer. En effet, la technique utilisée était connue sous le nom du nœud de Tsukomi : elle consistait seulement à insérer le bout de l’obi dans l’espace réservé qui se trouvait entre l’obi et le corps du porteur de kimono.

À partir de la moitié de l’ère Edo, les geishas ont commencé à porter une obi plus large. Par ailleurs, Kichiya Kamimura, un autre acteur légendaire de Kabuki et d’ailleurs considéré comme l’un des meilleurs à interpréter les rôles féminins, portait sur scène un kimono avec une obi plus large. Il a grandement contribué à populariser cette nouvelle taille d’obi. En effet, Kichiya a placé du plomb aux deux extrémités de l’Obi et les laissait pendre après l’avoir noué. Cette nouvelle façon de nouer a été appelé « nœud de Kichiya» et s’est rapidement répandu.

3) De 1680 à 1750

L’obi s’est progressivement élargie pour finalement atteindre 28 cm à la fin de l’ère Edo. Par ailleurs, diférentes matières étaient utilisées pour la fabrication de l’obi : Shusu (saten), Rinzu (soie), taupe, velours, Donsu (damassé de soie), Shuchin (satin avec des reliefs) et Karaori (brocart chinois). On utilisait également des motifs comme Yuzen (teinture), Shishu (Emnolidery) et Mon (crête de famille), etc. Outre le nœud de Kichiya, il y avait tellement d’autres manières de faire des nœuds: le nœud de Mizuki (nommé d’après un autre acteur célèbre de Kabuki appelé Tatsunosuke Mizuki), le nœud Karuta (nommé d’après la carte japonaise appelée Karta. Le kimono était noué comme si des Karta étaient alignés sur une même ligne), le nœud Hasami (renverser les deux extrémités de l’obi sans les attacher), le nœud Hikake (suspendre le bout de l’obi sans se baisser). Entre l’ère Kyoho (1716) à l’époque d’Edo, la norme en matière de taille pour l’obi étaient les suivantes: 363,6 cm pour la longueur et 27,27 cm pour la largeur.

Par ailleurs, les techniques de nouage se sont multipliées et l’obi est devenue une préoccupation centrale pour les femmes qui portent le kimono. Le nœud Bunko (du nom d’une vieille boîte d’ameublement appelée Bunko) a été inventé pendant l’ère Houreki (1751) à l’époque d’Edo et est encore un populaire à ce jour. Il y a également le nœud Taiko (le nœud du tambour) qui fut inventé en 1813 et est la technique de nouage la plus répandue. C’était au moment où le pont Taiko (le pont du tambour) au temple de Kameido Tenjin a été reconstruit. On dit que les geishas ont commencé à utiliser les nœuds pour célébrer la reconstruction.

Étonnamment, la tendance était de nouer l’obi à l’avant du kimono. Mais on assiste vers 1800 à la popularisation du « Back Obi », c’est-à-dire l’obi noué dans le dos. En même temps, l’obi-Dome (clip Obi) a commencé à être utilisé. On comptait déjà alors plus de 20 manières d’attacher une obi (ou de faire un nœud). Le mot « Obi » est issu du mot « Obu » qui signifie « se vêtir » en vieux japonais. La transition vers le terme “obi” est vraiment profonde et devrait être triée académiquement. Au début de la période Edo (vers 1600), la place de l’obi est laissée au choix des femmes. Certaines plaçaient leur nœuds à l’avant ou dans le dos du kimono pour femme, d’autres le plaçaient à gauche ou à droite. Il n’y avait pas de véritables règles. Cependant, l’obi dans le dos du kimono s’est progressivement popularisé. Quant aux femmes célibataires, elles ont commencé à porter l’obi à l’avant.

4) Durant la dernière phase d’Edo (de 1750 à 1867)

Dans la dernière partie de la période Edo, les femmes mariées portent l’obi à l’arrière et celles célibataires et veuves la portent à l’avant. La place du nœud dans le dos n’a été normalisée que sous la période Meiji (1868-). Le port de l’obi a été érigé en règle. En même temps que l’obi évoluait, les décorations également se sont considérablement améliorées.

Au début, l’obi était seulement considérée comme un outil subsidiaire pour maintenir un kimono en place à l’instar d’une ficelle ou d’une mince ceinture. Mais son importance s’est développée au point de devenir le parangon de la beauté et de la politesse, comme pour le Kimono.

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